SEDEX et BSCI : les audits sur le marché des goodies

par | Déc 7, 2018 | 0 commentaires

Les importateurs font face à une pression de plus en plus forte de la part des annonceurs pour qu’ils s’assurent que les goodies fabriqués soient, à minima, produits dans des conditions éthiques.

Cependant, contrôler activement les conditions de travail dans un pays situé à l’autre bout du monde coûte des millions. En d’autres termes, s’assurer de la conformité des produits asiatiques (la majorité sur le marché de l’importation) est hors de portée de toute entreprise qui ne fait pas partie du CAC 40.

C’est là que rentre en jeu la BSCI et le SEDEX.

Qu’est-ce que la BSCI ?

En français, c’est l’Initiative de Conformité Sociale des Business (Business Social Compliance Initiative ou BSCI). C’est un système destiné rendre les chaînes d’approvisionnement plus transparentes et éthiques.

Les importateurs et fabricants aux 4 coins du monde peuvent devenir membres du BSCI, s’ils respectent les 11 principes BSCI :

  • Les droits à la Liberté d’association et à la négociation collective
  • Une rémunération décente des travailleurs
  • Conformité aux normes Santé et Sécurité
  • Protection spéciale des jeunes travailleurs
  • Pas de servitude pour dettes
  • Un comportement business éthique
  • Des heures de travail décentes
  • Pas de travail d’enfant (notamment labellisé par la SA8000)
  • Pas d’emplois précaires 
  • Respect de l’environnement

Les audits, menés par des entreprises comme Intertek, sont faits pour vérifier que les fournisseurs sont en conformité avec ces principes.

Chaque audit note le fournisseur dans l’une de ces catégories :

  • A (Exceptionnel)
  • B (Bon)
  • C (Acceptable)
  • D (Insuffisant)
  • E (Inacceptable)

Cependant, la BSCI n’est pas une certification. Elle est basée sur un principe d’amélioration graduelle dans le temps.

Qu’est-ce que le SEDEX ?

En français, la plateforme d’Echange de Données Ethiques sur les Fournisseurs (Supplier Ethical Data Exchange ou SEDEX) est une organisation à but non lucratif qui définit des standards de conformité à la fois pour le fournisseur et pour l’acheteur.

Comme pour la BSCI, le SEDEX n’audite ou ne certifie pas les fournisseurs. SEDEX a développé une plateforme d’échange de données sur les standards éthiques et mandate des organismes accrédités pour réaliser les audits sur site.

Un fournisseur ou un acheteur peut rejoindre le SEDEX en payant une contribution annuelle d’environ 120 dollars.

L’adhésion donne au fournisseur un accès à une plateforme en ligne pour gérer ses données de conformité ainsi qu’à une base de données d’E-learning.

Néanmoins, ce qui compte réellement pour les importateurs est de savoir si un fournisseur a réussi à valider un audit SMETA.

Le SMETA (Sedex Members Ethical Trade Audit) couvre les points suivants :

  • Santé et sécurité
  • Standards de travail
  • Environnement (optionnel)
  • Ethique (optionnel)

Le SMETA est aussi divisé en 2 type d’audits : Un audit dit “2 piliers” comprend principalement les modules Santé et sécurité ainsi que les standards de travail. L’audit “4 piliers” rajoute l’environnement et l’éthique.

Voici un exemple de la première page d’un audit SMETA réalisé par Intertek :

exemple audit SMETA

Lorsque vous travaillez avec des distributeurs sur le marché, assurez-vous qu’ils respectent scrupuleusement ces vérifications. Nous suggérons évidemment de trouver des fournisseurs qui ont passé l’audit SMETA 4 piliers. Nous choisissons quasi exclusivement des partenaires de ce type chez Besight pour réaliser des objets médias vraiment éthiques.

Qu’est-ce que cela signifie quand un fournisseur est “certifié” BSCI ou SEDEX ?

Un fournisseur peut passer soit positivement l’audit, soit négativement. S’ils affichent cette information, il y a fort à parier qu’ils ont réussi le test. Dans ce cas, cela signifie qu’un audit sur site a été mené par une société accréditée (comme Intertek).

L’audit a pu être commandité par un autre acheteur ou par le fournisseur lui même.

Dans le deux cas, voici les implications pour vous :

  • Les fournisseurs qui réussissent les tests sont souvent les plus gros et les mieux organisés. Cela va de pair avec leur politique globale de qualité.
  • Les rapports d’audit sont très importants. Lorsque que vous travaillez avec un distributeur de goodies, demandez lui les certificats à jour pour vous assurer du respect des conditions de travail et de l’environnement.

Peut-on faire confiance uniquement à un rapport d’audit ?

Il est très important de s’assurer de la validité d’un rapport d’audit car les contrefaçons sont pratiques communes.

La première chose à faire est de s’assurer que le nom du fournisseur est bien indiqué sur la première page du rapport d’audit.

Beaucoup d’entreprises envoient des rapports d’audit validés pour des usines qui ne leurs sont pas reliés. Cela peut parfois tromper le client qui ne va pas forcément vérifier la validité du document. Le rapport doit évidemment porter sur l’usine avec laquelle vous souhaitez travailler.

La seconde chose est de toujours faire vérifier le rapport d’audit.

Vous pouvez contacter BSCI et SEDEX pour vérifier directement si le rapport est authentique et toujours valide (une date se modifie facilement sur photoshop !).

Aussi, il faut savoir que les rapports d’audit BSCI et SMETA sont valides seulement pendant un temps limité et peuvent nécessiter un audit de rappel si la date d’échéance est proche.

Comment être sûr que je travaille avec un fournisseur valide ?

Vous pouvez lancer les recherches de votre côté ou vous pouvez faire confiance à des structures comme la notre qui sont en contact constant avec les meilleurs acteurs sur le marché.

Nous nous assurons de vérifier que les rapports d’audit sont à jour et que les usines sont au top des niveaux de conformité.

Source.

Vous l’aurez compris, les audits sur le marché des goodies sont très complexes. Quand on sait que l’import représente la majorité des goodies distribués à l’heure actuelle, il est important de bien comprendre comment fonctionnent les usines et si elles respectent l’environnement et leurs travailleurs. Les audits SMETA et BSCI sont donc des marqueurs de confiance dans la mesure où leur résultat est satisfaisant et qu’ils sont bien valides et à jour.

L’auteur :

Wilfrid de Conti
Professionnel de l’engagement et de la brand advocacy

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